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Pour une convergence démocratique, écologique et sociale !

Annecy le 15 mars 2020 – 00h

Lettre ouverte pour une convergence démocratique, écologique et sociale !

A l’issue du premier tour des élections municipales, les habitant.es d’Annecy se sont très clairement prononcés pour un véritable changement, qui est aujourd’hui possible. Les résultats de Réveillons Annecy sont un sérieux revers pour Jean-Luc Rigaut, dont le bilan est profondément décevant pour nos concitoyen·nes. C’est pourquoi, Réveillons Annecy appelle à une convergence pour un renouveau démocratique, une transition écologique et une réelle justice sociale. Cet appel s’adresse à tous les électeurs et électrices qui sont susceptibles de se reconnaître dans notre récit pour l’avenir d’Annecy.

Réveillons Annecy : Pour une convergence démocratique, écologique et sociale !

Un nouveau récit pour Annecy :

Sur la base du récit joint, de cette projection dans l'avenir, nous invitons les électrices et électeurs qui se retrouvent dans ses orientations à nous rejoindre dès maintenant :

Le 16 juillet, le nouveau conseil municipal et le conseil communautaire sont installés. Une nouvelle majorité s’est dessinée, issue de la fusion des listes Réveillons Annecy et Annecy Respire. Ces deux listes se sont retrouvées autour du projet et de valeurs communes qui reposent sur le respect de l’environnement, la justice sociale, la solidarité, la coopération et le mieux vivre ensemble.

Ces fondements sont d’autant plus importants que la crise sanitaire et la crise économique n’ont fait que renforcer les inégalités sur notre territoire et fragiliser les plus précaires. RA et AR sont conscientes des différences exacerbées entre ceux qui aspirent à une reprise économique forte quelles qu’en soient les conséquences sur le climat et l’environnement, et ceux qui aspirent à relocaliser notre économie pour qu’elle réponde aux besoins essentiels de la population (se nourrir avec une alimentation de qualité, se soigner, renforcer les liens sociaux, se loger, se déplacer le plus efficacement possible, …). RA et AR aspirent à fédérer avec un projet de territoire qui profite à tous ses habitants, qui restaure les écosystèmes et permettent aux acteurs économiques de pérenniser leurs activités économiques et de répondre aux besoins des filières historiques du territoire (le tourisme, l’image, l’outdoor, la mécatronique, …).

La baisse des recettes fiscales pour les collectivités, consécutives à la crise sanitaire et économique, nécessite de réorienter les investissements et d’en mesurer les impacts sur l’économie locale et l’accès aux services publics (notamment sur les déplacements et l’accès au logement). Le(la) nouveau(velle) président.e du Grand Annecy a fait savoir au président du Conseil Départemental sa volonté de rompre la convention sur les infrastructures routières, notamment la construction du Tunnel sous le Semnoz. Un moratoire est lancé sur les routes et le(la) nouveau.elle vice-président.e aux transports a donné mandat aux services d’accélérer les études pour la création d’un tramway, dont la 1ère ligne devra être terminée à l’issue du mandat. La nouvelle équipe au sein du Grand Annecy est convaincue de la nécessité d’inverser la répartition des investissements. Les 80% d’investissements préalablement consacrés aux routes seront désormais destinés aux transports en commun et aux mobilités douces.

En mairie, les premières commissions se lancent et l’ensemble des élus de la majorité et de l’opposition acceptent de se former à l’urgence climatique et à l’intelligence collective. Certains doutent encore de la gravité extrême du dérèglement climatique. Il faut pourtant bien porter une vision commune, prendre les mesures pour protéger les plus démunis, faire évoluer les offres de nos entreprises et investir pour une société post-carbone. Pour cela, tous les élus ont pour mission de construire les politiques publiques avec les populations. Les élections nous donnent la légitimité pour porter le projet d’être la ville avec l’air le plus pur d’Europe. La crise sanitaire ne peut que nous inviter à porter haut et fort cette ambition (réduction des pollutions pendant la crise, taux de mortalité des malades du COVID chez les sujets victimes de multi-affections respiratoires, cardiaques ou vasculaires aggravées par la pollution de l’air, vieillissement de la population). C’est un défi aussi important que celui qu’avait réussi à relever Charles Bosson dans les années 70 pour avoir le lac le plus pur d’Europe.

Pour cela nous aurons besoin de faire adhérer l’ensemble des acteurs concernés, les services de la ville et du Grand Annecy, les habitants, les chefs d’entreprise, commerçants, artisans, enseignants, corps constitués, services de l’Etat, représentants syndicaux et organisations professionnelles, … C’est une des clés de la réussite. Ça ne se fera pas en un jour et notre action s’inscrit dans le temps long ; mais tout le monde en interne, dans nos administrations et sur le territoire, sentent que les choses sont en train de changer et que nous sommes déterminés.


Avant de partir, l’ancienne municipalité a eu le bon goût de ficeler tous les engagements quelles qu’en soient les conséquences financières :

  • Une halle gourmande avec une délégation de service public de vingt ans, alors que le dernier lieu populaire (Crescendo) pour manger un plat du jour à prix modéré en centre-ville a fermé quelques mois plutôt
  • Une piscine des Marquisats qui n’est même pas dimensionnée pour toutes les compétitions sportives
  • Un parking à la Préfecture à 36 M€ qui va ramener des milliers de voitures en ville.


Ces projets sont déjà bien engagés mais des négociations doivent être organisées avec les entreprises titulaires, pour que ces projets répondent réellement à la population. C’est d’autant plus important que la réduction des recettes fiscales et les incertitudes sur l’évolution de nos modes de consommation remettent en question le retour sur investissement de ces équipements. Des élus référents ont été nommés avec des référents dans les services pour concerter les publics cibles et identifier les scénarios d’évolution possibles, compte-tenu des contraintes financières et juridiques. Le Conseil Citoyen est chargé de se prononcer sur ces sujets d’ici la fin de l’été et le Conseil Municipal tranchera.

Ces premiers mois de mandat traduisent une autre manière de faire de la politique :

  • Ne plus laisser le maire ou le président du Grand Annecy décider seul ou à deux ou trois, et impliquer les citoyens et parties prenantes concernées, dès la conception d’un projet
  • Construire les décisions de manière collégiale et partager la responsabilité quant à la mise en œuvre et le fonctionnement futur
  • Evaluer la qualité des politiques publiques, non seulement à l’aune des économies et des équilibres budgétaires, mais aussi dans une perspective de bonheur local brut, de qualité de vie objectivée, d’inclusion sociale et de toutes les minorités, quelles que soient leur origine, leur âge, leur religion, leur genre, leurs préférences sexuelles, …

Les bases sont désormais solides pour déployer le projet qui fera d’Annecy un sémaphore de la transition écologique, sociale et démocratique, au plan national et international :

  • Des instances de démocratie participative, des maisons de la citoyenneté dans chaque mairie déléguée, un service dédié pour former et accompagner les habitants, les élus, les services. Le maintien des maires délégué.es dans chaque commune permet de conserver le lien de proximité avec les habitants et de célébrer les mariages ailleurs que dans la mairie centrale.
  • Une ville de 130 000 habitants multipolaire où 12 centralités se renforcent avec des commerces de proximité, des services de santé, d’éducation, des lieux culturels et sportifs. Les besoins de mobilité sont moins importants et les gains de pouvoir d’achat des habitants, les coûts des infrastructures et de maintenance évitée ont été réinvestis dans les politiques sociales (crèches, lieux de création artistiques, tiers lieux, tarification sociale de l’eau …) ; elles nourrissent le lien social et revigorent les quartiers délaissés. L’accès à des services publics de qualité est un des marqueurs de la qualité de vie, quels que soient les revenus des habitants.
  • Une maîtrise du foncier acquise grâce à la révision des PLUIHD et du SCOT ; l’augmentation de la population n’est pas une fatalité. Place à la préservation de notre foncier agricole pour produire, transformer et distribuer une alimentation locale.
  • Une ville qui intègre la santé au cœur des politiques publiques et qui anticipe le vieillissement d’une partie de la population et les besoins d’emplois et d’infrastructures au service des anciens.
  • Une économie qui a misé sur ses ressources locales pour recréer des filières utiles au territoire (alimentation, filière bois construction, rénovation énergétique, production d’énergie locale, économie circulaire) et qui a réussi à faire évoluer ses offres (écoconception, nouveaux modèles économiques), ses process et ses bâtiments (rénovation thermique, bâtiments à énergie positive, accompagnement au management environnemental). La rénovation des bâtiments publics doit être valeur d’exemple et de confort pour les usagers : deux écoles seront rénovées chaque année et verront leur cours d’école « débitumée »
  • Des offres touristiques diversifiées qui tiennent compte de la baisse inexorable de l’enneigement et disponibles à l’année pour permettre d’ancrer des emplois pérennes dans les territoires de montagne (Bauges, Aravis, …) et au bord du lac
  • Une révolution dans l’accession au logement où deux tiers des programmes sont dirigés vers des logements à loyer modéré et de l’accession sociale, pour recruter et fidéliser les collaborateur.trices dont a besoin le territoire : emplois médicaux, soins à la personne, tourisme, emplois industriels et administratifs, …
  • Une offre de mobilité qui permet à Annecy de rattraper son retard en matière de transports en commun, de devenir une des villes les plus cyclables de France et d’innover sans les services de mobilité (covoiturage de proximité, amélioration des services d’autopartage, parkings partagés, …).
  • Et enfin une société publique locale pour maîtriser les besoins d’énergie des habitants, les engager dans une démarche de sobriété et conduire dans la durée les investissements nécessaires à la transition.

François ASTORG & L'équipe de Réveillons Annecy !