Pollution sonore urbaine

Les habitants d'Annecy subissent à nouveau les nuisances sonores de la ville

S’éveiller au chant des oiseaux ? Un privilège rare, réservé aux dimanches ou aux jours fériés... pour les lève-tôt !

Miracle du confinement : la grâce particulière volée aux instants matinaux, si rare dans nos environnements urbains, devenait soudain quotidienne, avec l’arrêt presque complet des déplacements motorisés. Une grande partie de la population urbaine redécouvrait le silence.

Une occasion en or de faire le point sur le bruit dans nos villes :

→ son impact sur la santé
→ son lien à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme
→ son rapport à la mobilité et aux inégalités sociales.

échelle du bruit

De quoi parle-t-on ?

54 % des Français (enquête TNS – SOFRES de mai 2010 « les Français et les nuisances sonores » - Ministère du développement durable), affirment que le bruit des transports est la principale source de nuisance loin devant les « bruits de comportements » qui gêneraient 21 % de la population. Par ailleurs, 86% des Français se déclarent gênés par le bruit à leur domicile.

Pourquoi est-ce important ?

Le bruit a un impact direct sur la santé.
Il doit être pris en compte dans les projets d’urbanisme et les politiques de santé publique car il peut affecter gravement l’état de santé des populations exposées.
Il peut être à l’origine de troubles du sommeil et de réactions de stress conduisant à des pathologies parfois graves, tant somatiques que psychiques. Des retards d’apprentissage ont été signalés chez les enfants exposés au bruit.
Selon une étude anglaise (London’s Health Commission 2003), le bruit génère un état d’irritation latent qui a un impact fort sur le sentiment de bien-être. Ainsi, la pollution sonore est citée au même titre que la pollution de l’air, de l’eau ou des sols.

Quelles solutions ?

Bien sûr, une ville entièrement silencieuse n’est pas désirable non plus.
La même étude note que certains bruits urbains sont perçus de manière positive alors d’autres sont irritants. (« Some sounds can be positive and iconic and define the character of a city whereas some can lead to annoyance and complaints. »).

Une ville vivante générera nécessairement du bruit

Une approche équilibrée consiste à cartographier les niveaux sonores par quartiers (en s’appuyant sur des études acoustiques), à mettre en place des mesures rapides pour remédier aux situations existantes en se basant notamment sur le retour des habitants, à placer le curseur sur les niveaux sonores acceptables et classifier les types de bruit. Préserver les « zones de silence existantes », en créer de nouvelles, par exemple en donnant plus de place à la nature en ville.

Une attention particulière devra être apportée aux lieux sensibles (écoles,crèches, résidences pour personnes âgées, lieux de soin), aux quartiers où l’habitat est dense et les immeubles moins isolés, aux zones à proximité des grands axes de circulation (notamment les entrées de ville), de bâtiments industriels, ou d’établissements recevant du public.

Il y a donc une action double : celle améliorant les problèmes existants et celle anticipant les problèmes futurs.

L’aménagement du territoire et une véritable réflexion urbanistique seront nécessaires. En matière de construction, il faudra veiller à la conception et à l’emplacement des futurs bâtiments tout en rénovant l’existant.

Le développement des mobilités douces contribuera à la réduction du bruit, ainsi qu’une vigilance particulière sur les vitesses des véhicules motorisés.

Quelques pistes :
→ Donner plus de place aux cheminements doux en réduisant la largeur des routes, car plus une voie est large plus les conducteurs ont tendance à aller vite,
→ Créer des « ondes vertes » pour les feux lorsque les voitures respectent la limite de vitesse
→ Utiliser des radars sonores pédagogiques en amont des grandes artères
→ Promouvoir les livraisons à vélo ou en voiturette électrique

Nos engagements

Comme annoncé dans notre programme, Réveillons Annecy ! souhaite intégrer le programme des Villes-Santé, piloté par l’OMS, et créer un Service santé à la Mairie.
Nous nous engageons à suivre, à mesurer et à rendre publics les impacts de notre politique d’aménagement.
Nous désirons enfin apaiser la ville, y compris la nuit, au moyen d’un « conseil de la vie nocturne » pour améliorer la cohabitation des habitants.

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/bruit-et-nuisances-sonores
https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/activites-humaines/article/prevention-des-risques-lies-au-bruit
http://www.villes-sante.com/
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plu06.pdf