L’indicateur le plus significatif est le taux d’épargne brute particulièrement élevé de 38% en 2019, après déjà 32% en 2018, on pourrait dire anormalement élevé... quand la moyenne des agglomérations françaises est à 16%, taux déjà lui-même élevé.

Grand Annecy n'investit pas assez

Pourquoi l’agglomération est-elle dans cette situation si florissante ?

  • parce que ses recettes fiscales, soit les 2/3 des recettes, progressent de 3% à 3,5% par an, soit 3 à 4 millions d’€ de plus chaque année alors que ses dépenses de fonctionnement n’augmentent que de 300 à 400K€ /an. Ses recettes annuelles sont en effet de 132 M€ quand ses dépenses propres ne se montent qu’à 26,8 millions... les reversements aux communes sont sa 1ère dépense, de 82 M€, qui est figée !
  • parce que l’agglomération sous investit, 15 M€ en moyenne par an, moins que le montant de son autofinancement (18,2 M€ en 2019, et celui-ci devrait approcher les 22 M€ en 2020)
  • l’agglo a donc consacré la croissance très dynamique des recettes des dernières années à réduire sa dette qui est passée de 57 millions en 2016 à 43 en 2019, une dette très faible, parmi les plus faibles des agglomérations françaises... au lieu d’investir dans les transports, le logement pour répondre aux besoins aigus des citoyens et du territoire, et aussi mieux servir l’économie locale avec des investissements qui auraient pu être au moins deux fois supérieurs !

Une agglomération qui s’est en quelque sorte comportée comme un rentier, non seulement peu productif, et également absurde dans un contexte de taux d’intérêt proches de zéro, très favorable aux investissements de long terme
Faute de volonté politique, faute de moyens suffisants d’ingénierie dans les services qui n’arrivent déjà pas à réaliser tous les investissements inscrits dans les budgets.

L’agglomération a la capacité de multiplier par 2 à 3 ses investissements

  • Le Grand Annecy pourrait investir 2 à 3 fois plus qu’aujourd’hui sans augmenter ses taux d’imposition : si il relevait sa capacité de désendettement - qui sera de 2,4 années en 2019 - au niveau de la moyenne des agglomérations françaises soit 5,3 ans, elle pourrait investir 30 millions d’€ par an, soit le double d’aujourd’hui, ce qui est un scénario prudent... voire aisément 40 millions par an.
  • Le budget annexe des transports a aussi de fortes capacités : suite à l’augmentation du Versement Transport à 1,2 % (de la masse salariale des employeurs) - encore l’un des plus bas de France - l’autofinancement est passé de 3,5 à plus de 8 millions d’€. Les investissements sont restés très faibles, moins de 1 M€ par an dans les aménagements de voiries (pour créer des voies réservées bus) et 2 à 3 M dans le renouvellement des bus... alors que ce budget permettrait d’investir au moins 10 millions par an.

En conséquence, l’agglomération a les moyens d’accélérer considérablement les investissements, particulièrement nécessaires dans les deux secteurs du transport et du logement - construction et rénovation énergétique.

Le Grand Annecy pourrait passer d’un niveau d’investissement de moins de 20 millions par an aujourd’hui à plus de 40 millions par an qui permettrait d’injecter :

  • 15 à 20 millions dans les mobilités alternatives : une ligne de tramway dans le mandat (la seconde dans le mandat suivant), au moins 2 km de voies réservées aux bus par an, les voies express vélo, en engageant des emprunts sur 25 ans, et bien sûr en redéployant les crédits prévus pour le projet LOLA (100 M€ pour la nouvelle voie d'accès au tunnel sous le Semnoz et 68 M€ pour le BHNS) vers le tram.
  • 3 à 5 millions de plus dans la rénovation énergétique pour doubler l’objectif du PLH (le porter à plus de 2000 logements en copropriété par an)... afin de viser environ 50% du parc rénové en 2030 afin de tenir les objectifs de la COP 21, tout en donnant plus de pouvoir d’achat des ménages.
  • Aussi des moyens pour accélérer les acquisitions foncières pour la production de logements abordables.
  • Pour permettre cette accélération, il y aura nécessité de renforcer les services, et/ou, pour se tenir dans le carcan de +1,2% sur les dépenses de fonctionnement imposées par l’Etat, recourir à la délégation, par exemple à une Société Publique Locale...

Ville d’Annecy : une capacité d’investissement supplémentaire... pour la transition énergétique et écologique

La ville a une situation moins favorable que celle de l’agglomération parce que ses recettes sont bien moins dynamiques : le reversement de l’agglomération, qui représente 32% des recettes, est figé, et les recettes fiscales, essentiellement la taxe d’habitation et le foncier bâti, ne représentent qu’un gros tiers des recettes.
Néanmoins, Annecy est aussi en très bonne santé avec une épargne brute à 14% (32 M€) et un endettement presque nul : la capacité de désendettement est de 2 ans...
Elle pourrait quadrupler son endettement, la plupart des grandes villes sont à 8 ans de capacité de désendettement, soit la possibilité d’investir à minima 50 M€ par an, 60 à 65 M€ sans se mettre en difficulté...
La ville n’a réalisé que 37 M€ d’investissements en 2017, 40 en 2018, et a un excédent de 50 M€ en fin 2018 !

Conclusion, la ville pourrait engager chaque année au moins 10 millions d’€ supplémentaires (passer à la réalisation d’au moins 60 millions d'€), orientés vers la transition énergétique et écologique... exemple des besoins pour la rénovation des écoles... 10 millions par an si on veut toutes les rénover durant le mandat ?